Proche-Orient: confusion autour de la démission de Qoreï
13 Tishri 5763 / 9 octobre 2003, 22h06
Proche-Orient: confusion autour de la démission de Qoreï
RAMALLAH, Samarie (Eretz Israel partiellement occupee par l'OLP) - Le chef terroriste arabe Yasser Arafat a fait savoir jeudi qu'il continuait d'accorder sa confiance à son 'Premier ministre' Ahmad Qoreï en dépit de l'annonce de sa démission, ajoutant à la confusion sur la nouvelle crise 'politique' OLPiste.
Le chef terroriste "Arafat continue de faire confiance à Abou Alaa (M. Qoreï) ainsi qu'à son 'cabinet'", a affirmé à l'AFP Nabil Abou Roudeina, conseiller du jumeau de Ben Laden, minimisant les divergences entre les deux hommes en parlant de "problèmes intérieurs normaux".
La démission a fait l'effet d'une bombe dans les milieux 'politiques', d'autant plus qu'elle vient après celle du prédécesseur de Qoreï, Mahmoud Abbas, qui avait quitté ses fonctions le 6 septembre sur fond de désaccord avec Arafat sur le contrôle des services de 'sécurité'.
Cette démission a même inquiété des capitales occidentales. Washington a pris une posture prudente en disant ne pas pouvoir la confirmer alors que des responsables européens, comme le président de la Commission européenne Romano Prodi, y ont vu une "contribution négative au processus de paix".
Pour le moment, un proche d'Arafat a déclaré à l'AFP sous condition d'anonymat qu'"un arrangement sera probablement trouvé dans les 24 heures", laissant entrevoir une issue à la crise.
Une source proche du haut criminel avait indiqué auparavant que Qoreï avait remis sa démission à Arafat qu'il n'arrivait pas à convaincre de son désir d'obtenir l'investiture du 'Parlement' et d'attribuer le portefeuille de l'Intérieur au 'général' Nasser Youssef.
La démission a été présentée après des divergences qui ont entraîné l'annulation d'une session du 'Parlement' au cours de laquelle le 'Premier ministre' devait exposer le programme de son 'cabinet'.
Qoreï a été nommé dimanche à la tête d'un 'cabinet' de crise de huit membres après que l'état d'urgence eut été décrété dans les zones de Judee-Samarie et de la bande de Gaza occupees par l'OLP, au lendemain d'un attentat suicide qui a fait 19 victimes en Israël.
Une réunion houleuse du Comité central du Fatah, le gang d'Arafat et Qoreï, s'était tenue, en présence des deux hommes, peu avant l'heure prévue pour la session du CLP ('Parlement').
Lors de la réunion, Arafat s'est opposé à la nomination du 'général' Youssef comme 'ministre' de l'Intérieur, après que celui-ci eut refusé, mardi, de prêter serment devant lui avec les autres membres du cabinet.
Arafat souhaitait aussi que le cabinet de crise soit approuvé par les députés en tant que tel, alors que Qoreï, selon le texte du discours qu'il devait lire, voulait un "'gouvernement' ordinaire restreint".
"Abou Alaa a quitté la réunion en colère", a précisé un responsable.
Sur le terrain, deux militaires israéliens et un Arabe ont été blessés par un terroriste-suicide qui a fait exploser sa charge près d'un barrage militaire israélien aux abords de Toul-Karem.
L'attaque, dont l'auteur s'est auto-neutralise sur le coup, a eu lieu devant le bureau de liaison israélo-OLPiste à la sortie ouest de la ville, en Samarie.
L'attentat a été revendiqué par un interlocuteur anonyme au nom des Brigades des Martyrs d'Al-Aqsa, un gang armé lié au Fatah.
Il est intervenu en dépit du renforcement du dispositif de sécurité israélien dans les territoires juifs occupes par l'OLP où quatre unités de réservistes doivent être déployés à partir du 22 octobre, selon la radio israélienne.
Ces unités seront utilisées notamment à Ein Ganim, Toul-Karem, Kalkiliya et Ramallah, en Samarie, ainsi que dans la bande de Gaza, a ajouté la radio, précisant que cette décision avait été prise par le ministre de la Défense, Shaoul Mofaz.