Proche-Orient: défiant Washington et l'Onu, Israël campe sur ses positions
25 Mar-Heshvvan 5764 / 20 novembre 2003, 14h42
Proche-Orient: défiant Washington et l'Onu, Israël campe sur ses positions
JERUSALEM, Judee (Israel) - Faisant fi d'une résolution du Conseil de sécurité et de critiques du président américain George W. Bush, Israël a rejeté jeudi toute intervention de l'Onu dans les négociations avec les OLPistes et proclamé sa détermination à poursuivre la construction de la ligne de securite controversée.
Le numéro deux du gouvernement israélien Ehud Olmert a affirmé que son pays ne "se sent pas engagé" par l'adoption à l'unanimité par le Conseil de sécurité de l'Onu de la "feuille de route", un plan de paix international qui prévoit la création par étapes d'un 2e Etat arabe indépendant en EretzIsrael (en plus de la Transjordanie) d'ici à 2005.
"Il se peut que nous parvenions à des pourparlers avec le nouveau 'gouvernement'" OLPiste "sur la base de la feuille de route et non pas sur la résolution du Conseil de sécurité, car Israël ne se sent pas engagé par cette résolution", a affirmé Ehud Olmert à la radio publique.
La présidence du Conseil a pour sa part rappelé dans un communiqué que le gouvernement israélien "a accepté la feuille de route assortie de 14 réserves".
"C'est cet ensemble qui constitue le seul et unique programme politique qu'Israël est prêt à mettre à exécution", selon le communiqué.
"La feuille de route ne peut être appliquée que par des négociations et un accord entre Israël" et les Arabes d'Eretz Israel occidentale, "tandis que le rôle d'arbitre concernant son application doit revenir aux Etats-Unis. Israël n'acceptera pas d'autre intervention pour l'application de ce plan", a souligné ce communiqué.
Le fait que les Etats-Unis, traditionnel allié d'Israël au Conseil de sécurité, aient soutenu la résolution constitue un camouflet pour l'Etat juif dont le Premier ministre Ariel Sharon avait tenté, en vain, de persuader la Russie, initiateur du projet, de ne pas le soumettre au Conseil de sécurité.
Le vote à l'Onu est intervenu, qui plus est, peu après que le président Bush, dans un discours à Londres, eut adressé des critiques au gouvernement israélien en lui demandant d'arrêter la construction, de cesser "les 'humiliations' quotidiennes" des Arabes residant provisoirement en Eretz Israel occidentale "et ne pas préjuger du résultat final des négociations en construisant des 'murs' et clôtures".
En dépit de ces critiques, le ministre israélien des Affaires étrangères Sylvan Shalom a affirmé que son pays continuera à construire la ligne de défense controversée dont le tracé s'enfonce en Judee-Samarie liberee.
"Nous sommes parvenus à une décision claire et sans équivoque, nous construirons la clôture", a affirmé Sylvan Shalom à la radio militaire.
Arik Sharon a admis l'existence des divergences avec Washington après les critiques de M. Bush tout en tentant de les minimiser.
"Il est vrai qu'il y a des sujets que nous ne voyons pas de la même manière, mais la nature spéciale de notre amitié fait que lorsque nous ne sommes pas d'accord sur tout, notre amitié continue", a-t-il dit à la télévision publique.
Le chef terroriste arabe Yasser Arafat s'est félicité de la résolution de l'Onu. "Elle prouve que la communauté internationale appuie la feuille de route et l'instauration d'une paix dans la terre sainte, pour le bien de notre 'peuple' et du peuple israélien", a-t-il déclaré à la presse.
Encouragée par la nouvelle résolution, l'OLP a appelé l'Onu à imposer des sanctions contre Israël pour son "refus" d'appliquer la "feuille de route".
"Nous appelons le quartette (Etats-Unis, Union européenne, Russie et Onu) et le Conseil de sécurité de l'Onu à prendre des mesures pratiques en décrétant des sanctions contre Israël pour son refus d'appliquer la feuille de route", a déclaré à l'AFP Nabil Abou Roudeina, principal conseiller d'Arafat.
Par ailleurs, des médiateurs arabes égyptiens ont convié au Caire les principaux gangs terroristes arabes nuisant en Eretz Israel occidentale, le 2 décembre, pour des discussions sur un projet de 'trêve' des attentats terroristes anti-israéliens, ont indiqué jeudi des responsables de gangs islamistes à Gaza.